Chronique n°7 – Pourquoi & comment répondre à la question « Avez-vous des questions ? » lors d’un entretien d’embauche

Ce n’est pas parce que la question arrive généralement en fin d’entretien qu’elle est anecdotique. Pourtant, peu de candidats préparent suffisamment leurs réponses à cette demande du recruteur : « Avez-vous des questions ? »

Les erreurs à éviter et les bonnes questions à (se) poser.

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S’intéresser à la stratégie de l’entreprise

« Trop souvent, lorsqu’on demande à un candidat s’il a encore des questions, il se contente de répondre non. Ou alors, il comble le silence en déroulant une nouvelle fois son CV que le recruteur connaît déjà. Il commet l’erreur de redites », déplore Daniel Porot, consultant en gestion de carrière.

Laurent Rodriguez, expert en recrutement chez Groupama-Gan, confirme : « Souvent, les candidats ne font que se vendre sans s’intéresser à la boîte qui pourrait les employer. » Pourtant, c’est cela que le recruteur attend : voir si vous vous intéressez à l’entreprise, si vous vous y projetez.

Exemples de questions :

  • Quels sont vos principaux clients (ou concurrents) ?
  • Quel est votre positionnement marketing ?
  • Quels sont vos axes stratégiques / de développement de l’entreprise ?
  • Quelles sont les valeurs de cette dernière ?

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Se renseigner sur votre future équipe éventuelle

Parfois, les candidats commettent aussi l’écueil d’aborder la question de la politique de frais de la boîte, du nombre de RTT accordé ou du remboursement de la mutuelle…

« Le piège, ici, serait de parler salaire, souligne Daniel Porot. Parce qu’il y a des questions qu’on ne pose pas tant qu’une proposition d’embauche n’a pas encore été faite formellement ! »

Avec ces questions prématurées – bien que légitimes – vous risquez d’être catalogué comme un candidat matérialiste.

L’alternative ? Parler de l’organisation interne, de votre future équipe potentielle… Des sujets au plus prêt de votre quotidien professionnel, qui ne sont pas pour autant déplacés à ce stade.

Exemples de questions :

  • Comment s’organisent les différents services ?
  • Quelle est votre politique de management ?
  • Quel est le rythme du reporting ?
  • A qui est rattaché le poste ?
  • Pourquoi le prédécesseur est-il parti ?
  • Quelles sont les principales difficultés du poste selon vous ?

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Oser une question originale

Pour ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus, une question concernant plus directement le recruteur peut faire mouche.

« Un entretien de recrutement, ce n’est pas qu’un examen de passage mais c’est aussi un échange, analyse Jacques Paget, auteur du livre Les secrets de la persuasion, les clés de votre réussite. Le recruteur a lu votre CV et vous connaît déjà. La fin d’entretien, au contraire, peut être le moment de s’intéresser à lui. »

Exemple de question :

  • Qu’est-ce qui vous a intéressé dans mon CV ?
  • Pensez-vous que mon profil soit en adéquation avec le poste ?

Sébastien Bompard, chasseur de tête au cabinet Taste, cite également le cas d’une candidate qui s’est interrogée tout haut sur sa capacité à évoluer et à s’épanouir dans une structure de taille aussi importante que celle qui pouvait l’accueillir : une société du CAC 40. Mauvaise pioche ? Dans ce cas, au contraire. Issue du monde des PME, « elle a posé une vraie question qui, loin de la disqualifier, prouvait sa capacité à identifier les enjeux », note le recruteur.

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Ce que votre question révèle de vous-même

« La curiosité du candidat est un facteur de différenciation », explique Benjamin Chaminade, l’un des auteurs de Wanagement, manager à contre-courant.

Pour cet expert en innovation managériale, ces questions, même anodines, en disent généralement long sur le profil des candidats.

Par exemple, quelqu’un qui s’interroge sur la marque d’une voiture de fonction trahit un « besoin de reconnaissance ». En revanche, celui qui s’enquiert de la stratégie de l’entreprise, de la part d’une filiale dans le résultat net d’un groupe ou de l’évolution des ventes traduit un esprit synthétique et « un besoin de se situer au niveau macro pour comprendre où il va atterrir ».

Quant à celui qui s’interroge sur le rythme du reporting ou sur l’équipe avec laquelle il va travailler peut apparaître comme un « candidat soucieux de son autonomie ».

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Céline Chaudeau © Cadremploi.fr

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Pourquoi cette chronique ? EXPLICATION

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